Vos questions : « Comment lâcher prise et décomplexer pendant l’amour ? »

Régulièrement, nous traitons ici les questions que vous nous posez sur notre compte Instagram. Aujourd’hui, nous répondons à une abonnée qui aimerait lâcher prise durant les rapports sexuels pour davantage d’aisance et de plaisir.

Lâcher prise au lit, qui ne le souhaite pas ? Derrière ce concept se cache une promesse, enfin plusieurs : celle de vivre l’instant présent mais celle, aussi, de prendre davantage de plaisir. Car quand on lâche prise, on envoie balader ses pensées négatives, ses complexes, ses freins. Mais concrètement, comment s’y prendre ?

Commencer par lâcher prise au quotidien

Et si pour cerner le lâcher prise, il fallait d’abord l’expérimenter au quotidien ? C’est un très bon exercice, une façon d’apprendre à ne plus tout contrôler, car l’inverse du lâcher prise, c’est bel et bien le contrôle. Alors au jour le jour, tentez de vous détendre sur certains points : et si vous faisiez la grasse matinée ? Et si vous laissiez la vaisselle traîner dans l’évier jusqu’au lendemain matin ? Que de petits détails en apparence qui témoignent pourtant de notre tendance à tout vouloir gérer. Quand on s’entraîne et que l’on accepte de « s’en foutre », on se prépare du même coup à ne plus tout contrôler au lit, puisque l’on se prouve à soi-même que « ça fait du bien ».

Mettre ses pensées négatives en stand-by

Bien souvent, un lot de pensées négatives nous empêchent de profiter du rapport sexuel en cours. Certaines fois, ces pensées n’ont rien à voir avec le sexe (je dois bosser, je n’ai pas fait le ménage…), d’autres, elles ne parlent que de sexe (et si j’étais nulle, moche, maladroite ?). Pour s’en détacher, inutile de les fustiger et de les rejeter, elles reviendront. L’idéal, c’est plutôt de promettre à ses pensées que nous ne sommes pas loin : moins elles se sentent mal-aimées, plus elles nous laissent tranquille. Pour les garder de côté mais s’en libérer (le compromis recherché, donc), visualisez vos pensées dans une boîte, ou bien sur un nuage, ou encore dans un dossier à traiter « plus tard » (après l’amour, par exemple). Comme ça, vous ne perdez pas totalement le contrôle, d’ailleurs vous l’avez encore, seulement vous vous autorisez un moment pour vous.

Ramener sa focalisation sur ses organes et ses sensations

On le sait : plus l’excitation monte, plus nous sommes prompts à lâcher prise. Seulement, comment l’excitation peut-elle grimper si nous ne lâchons pas prise ? Le problème est complexe, mais la solution accessible : il s’agit de focaliser sur les sensations, et plus précisément sur ses organes sexuels ou, disons, ses zones érogènes. Pour cela, sollicitez vos cinq sens et demandez-vous, lors d’une caresse ou d’une pratique, ce que vous ressentez, sentez, entendez, voyez, goûtez. Ce réflexe permet de se reconnecter à l’instant présent. Plus vous prenez conscience de ce que vous ressentez, plus votre désir trouve sa place, et plus votre désir trouve sa place, plus vous vous abandonnez à l’acte sexuel.

Se préparer au rapport sexuel

Se préparer au rapport sexuel, ça peut paraître un peu dérangeant : faut-il vraiment anticiper un rapprochement qui se veut spontané et surprenant ? Eh bien oui, pourquoi pas. Car les projections nous excitent (et l’excitation, vous l’avez compris, entraîne le lâcher prise), mais aussi parce que se « mettre en place » invite à focaliser d’emblée sur le rapport à venir. Donc vous pouvez prendre une bonne douche avant en rêvassant, ou encore ranger votre chambre dans le but d’accueillir un moment intime. En étant « déjà dedans », vous multipliez les chances de « rester dedans ».

Ne plus penser à la place de l’autre

Régulièrement, nous pensons à la place des autres, et c’est d’autant plus vrai pendant l’amour, notamment quand nous accusons quelques complexes. Puisque nous ne voyons qu’eux (ce ventre, ces cuisses, ces seins… etc.), nous imaginons que notre partenaire ne voit que ça. Or non, il ne voit pas que ça. Il vit le moment pour ce qu’il est, il observe un corps et un esprit, une façon de bouger, de recevoir et de donner. D’où l’importance de ne plus prêter des pensées et un avis (négatif) à celle ou celui qui partage un moment de plaisir avec vous.

Oser orienter le rapport à son aise

Pour se sentir plus à l’aise, on peut également s’écouter. C’est bête à dire, mais c’est loin d’être négligeable. Il vaut mieux réorienter le rapport selon ses désirs ou ses limites que de « faire avec » en espérant se détendre. Si trop de pensées vous assaillent et que vous ne parvenez pas à les écarter, pourquoi ne pas proposer une pause et en discuter avec votre partenaire pour mieux reprendre ? Pourquoi ne pas, sinon, éteindre la lumière (parce que le noir vous rassure) ? Ou même garder votre tee-shirt ? On pourrait croire que ces petites stratégies sont contre-productives. Au contraire, elles aident à gagner confiance en soi et donc à lâcher prise.